09 août 2010

Talk show TV Vic


Emission très regardée, public jeune, fin de soirée.
Vic et présentateur à une table triangulaire avec un côté libre, chaise vide, pour accueillir un invité.

P (présentateur) s'adresse à la caméra :
- Bonsoir, nous sommes ce soir avec Vic, plus connue comme peintre mais qui sait ne pas s'en contenter.
Se tourne vers Vic.
- Enfin, j'ai réussi à vous convaincre de venir ! Cela fait un certain temps que j'avais envie de vous rencontrer, de parler avec vous, de vous.
Vic : - Oui, enfin, l'émission vient de commencer, vous avez encore le temps de le regretter.
P : - Cela n'arrivera pas, j'en suis sûr.
V : - Je peux décider de partir avant la fin.
P : - Impossible, toutes les issues sont bloquées.
Sourire de Vic.
P : - J'aimerai bien savoir pourquoi vous avez enfin accepté de venir.
V : - Vous l'avez dit vous-même : votre force de persuasion a vaincu mes dernières résistances.
Moue dubitative du présentateur.
P : - J'ai du mal à vous croire.
V : - Vous voulez vraiment savoir alors ?
Signe affirmatif du présentateur.
V : - Bien. Il y a plusieurs raisons : je n'avais rien à faire d'autre ce soir. Je suis en forme. Ca, ce sont les raisons qui n'ont rien à voir avec vous ou votre émission. (sourire de Vic)
P: - Merci de l'avoir quand même choisie !
V : - De rien. Je continue, j'ai choisi votre émission parce qu'elle répond à mes préférences.
P : - Vos exigences !!
V : - Oui, j'avoue je suis maniaque à certains points de vue. Je préfère le direct. Ca évite les montages, les dramatisations factices, la fabrication d'un espèce de show inexistant.
Vic compte sur ses doigts.
V : - Une émission assez longue qui laisse le temps d'aborder plusieurs sujets, de les développer. Ensuite, une émission où on ne parle que de moi, (sourire et clin d'oeil ) c'est mon côté narcissique.
P : -Vous oubliez qu'il y a un ou une invité(e) !
V : - Oui mais cette personne est là pour parler de moi.
P : - C'est vrai.
V : - Et puis, et surtout, il y a vous en tant qu'être humain avec votre personnalité.
P : - Merci pour cette confiance.
Il ramasse ses papiers.
P : - Je crois que nous pouvons partir sur ces bases-là. Vous m'avez dit que vous n'étiez pas là pour vendre quelque chose, ni faire de la promo. Ca tombe bien, parce que moi, j'ai juste envie de parler de vous et de votre oeuvre, vos peintures, bien sûr.
V : - D'accord, allons-y.
P : - Est-ce que vous peignez beaucoup ?
V : - Oui, pas mal, je ne sais pas combien de tableaux en tout, et puis il y a aussi des dessins, et encore, je ne parle que de ce que j'estime valable, pas de tout ce que je détruis... En fait, je ne compte pas, je m'intéresse au résultat, même si je dois faire 3 000 croquis, je considère que ce qui est important, c'est le tableau final. La qualité plutôt que la quantité, pour être claire.
P : - Bien sûr, je pensais aux tableaux connus, que vous avez montrés dans des expositions... De plus, vous avez commencé jeune. Et vous avez été connue tôt, n'est-ce pas ?
V : - Oui. (sourire de Vic) Vous avez bien préparé votre émission, vous avez lu la préface du catalogue, bravo.
P : - Et oui, je suis quelqu'un de sérieux. C'est dans ce catalogue que j'ai puisé mes informations. ( Il montre un grand livre noir avec, gravées en diagonale, les lettres dorées V-I-C) .
V : - Faites voir. (Il lui passe le livre, elle l'ouvre.) J'en étais sûre, vous l'avez fermé avant que ça sèche, regardez, tout a bavé sur l'autre page, le dessin est fichu !
Elle montre le livre ouvert, la dédicace  est en effet illisible.
P : - Oups, désolé.
V : - Tu parles. Je me suis creusée le cerveau pour trouver un petit mot original et voilà !!
P : - Mmm, original , vous êtes sure ?
Sourire de Vic.
P : - Ce catalogue, donc, regroupe les portraits de votre première expo, qui a eu lieu l'an dernier, je crois ?
V : - Oui pour l'an dernier, non pour première expo. J'en ai montées d'autres, moins médiatisées mais connues des spécialistes de la peinture.
P : - Ok. Pour cette exposition, c'est normal que la télévision en ait parlé : elle est entièrement consistuée de portraits d'actrices et d'acteurs. Ca fait très people, non ? En plus vous laissez croire qu'il y en a d'autres, impossibles à voir ...
V : - Il y en a dix en tout dans l'exposition. En fait, comme c'est expliqué dans le catalogue ...
P : - Oui, mais le public ne l'a pas lu, ce catalogue !!
V : - Ok, ok. Bon, pour reprendre mon explication, que j'aurai donnée de toutes façons, l'idée de cette exposition vient de certains “sujets”, c'est-à-dire mes clients, ceux qui sont sur les tableaux, qui payent pour avoir leur portrait, donc ces sujets, quelques-uns, pas tous, voulaient voir les autres tableaux. Alors j'ai fait le tour de tous ceux que j'ai peints, et je leur en ai parlé. Certains m'ont prêtés leur tableau, d'autres, non. Bon, aprés, mon agent a décidé que ce serait pas plus mal d'ouvrir l'expo au public et de vendre un catalogue pour rentrer dans nos frais. Enfin, pour finir, entre ceux qui ont accepté et  les autres, on a réuni dix portraits pour l'exposition.
P : - J'aimerai bien savoir qui a refusé et surtout  pourquoi.
Regard insistant et moue suppliante, sourire de Vic.
V : - C'est un secret.
P : - Dites-nous au moins combien de portraits en tout...
Vic hausse les sourcils, réfléchit.
V : - Pfff, trente, peut-être plus. Enfin, pour être précise,  j'ai peint trente personnes. Mais des tableaux, des dessins, des croquis, je ne sais pas exactement. J'en a refait certains même après les avoir vendus.
P : - Vous travaillez toujours sur commande ?
V : - Pour les portraits, oui. C'est toujours le sujet qui vient me voir. Après je refuse ou j'accepte.
P : - Inutile de vous demander qui vous avez refusé ...
Sourire de Vic.
V : - Inutile, en effet.
P : - Vous avez dit que vous en avez refait certains, pourquoi ? Lesquels ?
V : - Certains. (re-sourire ) Je recommence parce que parfois notre relation a changé, elle n'est plus ... commerciale.
P : - Serait-elle devenue affective ?
V : - Allez, lâchez-vous, assez de sous-entendus que le public ne saisit pas.
P : - Prenons, par exemple, SS...
V : - Un exemple pris totalement au hasard.
P : - Totalement au hasard.
V : - Vous savez, il y a d'autres raisons : je ne suis pas contente de ce que j'ai fait, j'ai découvert une personne différente... ( geste de la main)
P : - N'empêche, ces portraits ont fait grimper votre côte. Vous savez que vous êtes l'un des peintres la  plus vendue et la plus chère ?
V : - Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si je me suis améliorée depuis. Je ne peints pas pour être vendue.
P : - Et si un de vos sujets vendait son portrait aux enchères, quelle serait votre réaction ?
V : - Je le prendrais trés mal. Vraiment. Ce serait une sorte de trahison. Mais, bon je mettrais en vente tous mes tableaux et comme ça les prix baisseraient et mon ex-client perdrait de l'argent. J'ai prévu le coup, à ma mort, je veux qu'on détruise toutes mes oeuvres invendues, de sorte que les  tableaux rescapés prendront tellement de valeur que leurs proprios ne trouveront pas d'acheteurs.
P : - Sans blague ?
Sourire de Vic.
P : - Bon. Vous ne peignez pas uniquement des portraits.
V : - Ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Le reste est beaucoup moins commercial et moins commercialisé !
P : - Mais vous savez aussi vous vendre !! C'est bien vous qui avez peint l'affiche de “Devil”, le dernier film de SS avec IA, non ?
V : - Pas exactement, mais je vois trés bien où vous voulez en venir, je ne suis pas dupe !!
Vic agite son doigt en direction du présentateur.
P : - Parlez-nous donc de cette affiche, qu'on va vous montrer à l'écran. ( deux visages de femmes qui se fondent ensemble, dans le fond, une ombre masculine. )
V : - A l'origine, c'était un dessin pour SS. Elle m'avait invitée sur le tournage, je l'ai remercié comme ça.
P : - SS est un de vos sujets. Attendez, le ...( il cherche dans le catalogue. )
V : - Le quatrième.
P : - Oui, le voilà. (gros plan sur le catalogue ouvert : une belle blonde accroupie )
V : - On voit rien comme ça ...Je disais donc : SS a affiché mon dessin dans sa caravane. Un type de la production l'a trouvé trés bien. Il l'a pris pour la montrer à ses patrons qui ont accepté. Je l'ai vendu trés cher et sans remord !!
P : - C'est vous qui avez répandu les commentaires écrits au dos de l'affiche ?
V : - Pardon ?
P : - Il y avait quelques mots écrits au dos de l'affiche, vos impressions, pas trés sympathiques, sur le tournage. Tout le monde les a entendus, mais personne ne sait qui a commencé à les répandre.
V : - Désolée, je ne vois pas de quoi vous parlez. Honnêtement, vous croyez que je suis capable de faire ça ?
Attitude outragée de Vic.
P : - Oui.
Rient ensemble.
P : - Bon, vous avez assez parlé. Maintenant, au tour de l'invité. Nous allons accueillir,  pour nous parler de ce tournage mouvementé, surprise !!,... IA !!
V : - Magnifique enchaînement !!
P : - Merci.
IA entre sur le plateau. Vic se lève pour lui dire bonjour, elle lui tend la main mais IA se penche pour lui faire la bise. Moment d'hésitation, elles se sourient et se font la bise. S'asseoient.
P : - Bonjour IA, et merci d'être avec nous.
IA : - Le plaisir est pour moi, vraiment, ce n'est pas une formule politesse. Passer du temps avec Vic, c'est du plaisir.
V : - Même à la télé ?
IA : - Oui.
IA fixe Vic.
Vic rougit, embarrassée, se mord la lèvre, passe sa main dans les cheveux.
P : - Eh bien, mais qu'est-ce qui vous arrive, Vic ?
IA sourit.
IA : - Je l'intimide.
P : - Ca, si j'avais su, je vous aurais reçue dés le début de l'émission !!
Vic ne dit rien, fixe la table.
P : - Eh bien, Vic, on ne vous entend plus.
Vic ne bouge pas, le présentateur se tourne vers IA.
P : - Parlons de “Devil” si vous voulez bien.
Signe positif de IA.
P : - C'est sur le tournage de ce film que vous avez rencontré Vic ...
IA : - A vrai dire, nous n'avons pas... Vic n'est restée que quelques jours, elle était venue voir SS... Elle m'a juste demandé un autographe, je lui ai donné avant qu'elle ne parte, j'avais écrit que j'aimerai beaucoup la revoir pour la connaître vraiment.
Vic bouge, s'agite, IA se tourne vers elle pour l'écouter .
V : - Maintenant, je peux bien vous l'avouer, je suis venue sur le tournage pour vous rencontrer.
IA : - Pourtant, tu es restée constamment avec SS, tu as passé tout le week-end avec elle. Et nous n'avons pratiquement pas parlé.
V : - Je n'aurais jamais osé ! D'ailleurs, si vous n'aviez pas fait le premier pas, je .... je serais restée dans mon coin à vous regarder.
IA : - Vraiment ? C'est extraordinaire, tu n'avais pas l'air gêné avec SS, alors que c'est une star internationale !!
Vic a un geste de la main qui balaie la table.
V : - Ca n'a rien à voir avec la célébrité. En tant que personne SS est beaucoup plus abordable que vous. Vous ..., Votre visage... (Vic lève la main, semble dessiner le visage de IA dans l'espace, elle la ramène devant sa bouche.) Vous êtes tellement ... unique.
P: - Hé bien, je me demande ce qu'en pense SS.
V : - Elle sait tout ça, je lui ai expliqué.
Silence.
IA s'adresse au présentateur :
- Je crois que c'est ce qu'il y a de plus fascinant avec Vic. Son charme... (IA sourit à Vic.) Ce mélange de timidité et de franchise, et cette franchise peut aller très loin ... Vous savez, Vic est bien la seule personne qui m'ait donné la meilleure définition du mot aimer, même si cela ne m'était pas destiné.
P : - C'est-à-dire ?
IA : - Aimer c'est offrir et recevoir pas donner et prendre.
V ( tout bas) : - Je m'en souviens. ( Plus fort) En effet, cela ne vous était pas destiné.
P : - C'était à quelle occasion ?
V : - Ma première engueulade avec SS. Le deuxième jour  de mon séjour sur le tournage. Un vrai carnage !
IA : - Ca, tu peux le dire !
P : - Expliquez-nous, que s'est-il passé ?
IA : - Vic a réussi en cinq minutes à éternuer pendant une prise, s'emmêler les pieds dans les câbles et les débrancher, elle a aussi organisé un chahut à la cantine avec les enfants qui tournaient avec nous...
V : - Hé ! Vous aussi, vous avez participé à la bataille de yaourts !!
IA : - Allons, tout le monde sait que je ne mange jamais de yaourt.
Elles éclatent de rire toutes les deux.
P : - Je plains les responsables du tournage. A ce propos, IA, vous pouvez peut-être nous dire ce qu'il y avait d'écrit sur cette fameuse affiche.
IA : - Bien sûr.
V : - Avant de le faire, pour ma défense, il faudrait préciser que, moi, tout ce que j'ai vu du tournage, c'est les deux épaules du garde-chiourme qui était chargé de me surveiller.
IA : - Après tout le bazar que tu as causé, c'est normal que tu sois placée sous surveillance.
V : - C'était la première fois que j'étais sur un tournage et personne ne m'a averti de tous les dangers qui me guettaient !!
P : - Alors, ces commentaires ?
IA : - Je les ai recopiés. (elle sort une feuille et la déplie. Elle lit : ) “Piss off Devil !” Je ne traduis pas, tout le monde a compris. ( Vic se cache le visage dans les mains.) Je continue, en traduisant directement, “ et surtout le connard qui sert de réverbère à tous les chiens de ce trou à rats. Je ne parle pas du chef-lumière mais du trou du cul payé par la production, comme si une maison de production avait besoin d'un trou du cul pour faire de la merde !” C'est tout.
V : - Mon Dieu, quelle honte .
P : - Waou ! Pas mal.
IA à Vic : - C'est bien ce que tu as écrit, non ? Je n'ai rien oublié ?
V : - Oui.
Vic se cache toujours le visage dans les mains.
P : - Vous avez une manière bien à vous d'exprimer votre avis, Vic.
V : - Mmm. (Elle baisse ses mains et elle laisse voir ses yeux.) Je n'ai fait qu'exprimer tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
P : - Et l'employé de la production, qu'en pense-t-il ?
Vic et IA se regardent.
V : - Je ne crois pas qu'il soit au courant, SS a donné une copie de l'affiche, elle a caché l'original.
IA : - Je ne sais pas.
P : - Donc, vous vous êtes rencontrées sur ce tournage. Est-ce que vous vous êtes revues ensuite ?
Ensembles : - Oui.
V : - IA m'a demandé de faire son portrait. J'ai accepté.
P : - Je croyais que vous ne faisiez plus de portrait.
V : - C'était difficile de refuser.
IA sourit.
P : - C'est parfait. IA, vous allez pouvoir nous expliquer, dans les détails, comment Vic travaille. Racontez-nous une séance de pose avec elle.
IA : - En fait, il n'y a pas de séances de pose à proprement parler. Vic et moi nous avons passé quelques jours ensembles, chez moi. Elle m'a posé quelques questions mais très peu. Elle a passé son temps à dessiner sur son carnet de croquis. Au début, j'étais gênée, je ne savais pas quoi faire et puis, très vite, j'ai oublié sa présence  jusqu'au jour où elle m'a dit qu'elle avait assez de matériau et qu'il fallait qu'elle retourne dans son atelier pour commencer le tableau. Et pendant des semaines, je n'ai plus eu de nouvelles. Et, un jour, elle m'a téléphoné. Elle m'invitait dans son atelier pour voir le premier essai.
P : - Vous avez vu le tableau alors ?
V : - Non. (interrompt IA ) Pardon, vous alliez dire... ?
IA : - Non, vas-y, à ton tour.
V : - C'était une esquisse. Je n'avais même pas commencé à choisir la toile. C'était juste pour voir la réaction de IA, savoir ce qu'elle en pensait.
IA : - C'était magnifique. Surtout quand tu m'as expliqué ton intention, jamais personne ne m'avait parlé de mon visage de cette façon, pas même les photographes. Quand je suis rentrée, je me suis regardée dans une glace et j'ai examiné mon reflet pour la première fois ! J'avais l'impression d'avoir changé de figure !
Vic baisse les yeux, parle sans regarder IA.
V : - C'est tellement facile de peindre votre visage, il est tellement pur. Il suffit à remplir l'espace de la toile.
IA hoche affirmativement la tête.
IA : - Mmmm.
P : - Mais, Vic, pourquoi ne pas l'avoir montré à votre exposition ?
V : - Parce qu'il n'existait pas encore !
IA : - C'est grâce à cette expo que j'ai découvert le talent de Vic et c'est cela qui m'a poussé à lui demander de peindre mon portrait.
Silence.
P : - C'est étrange, depuis le début, vous, IA, vous tutoyez Vic alors que Vic vous vouvoie...
IA : - C'est à Vic de s'expliquer ! Moi, j'ai toujours insisté pour qu'elle me tutoie.
V: - Ce n'est pas... Il ne faut pas que vous preniez ça pour ... un refus d'amitié, c'est une forme de respect !
IA : - Tu tutoies SS.
V : - Oui. Mais comme je le disais tout à l'heure, il n'y a pas la même distance entre ... quelqu'un que l'on admire et .... quelqu'un pour qui on a de l'affection, c'est une question de respect, de familiarité.
IA : - Donc, si j'ai bien compris, tu aimes SS et moi, tu m'admires. D'où le vouvoiement.
V : - Oui.
IA : - Donc tu ne m'aimes pas.
V : - Non, si, mais on ne parle pas de la même chose !
IA rit, Vic se met à rire elle aussi.
V : - Ce n'est pas le même sentiment mais c'est aussi fort.
IA : - Ouais. De temps en temps, je préfèrerai que tu m'admires un peu moins... Il va falloir que nous en reparlions.
P : - C'est évident. Mais pas ici, en public.
IA : - Certainement pas.
Vic garde les yeux baissés.
P : - Bien, IA, je vous remercie beaucoup d'être venue, c'était vraiment un plaisir.
IA : - Je suis contente d'avoir accepté. (se lève)
V : - Merci, à bientôt.
IA passe la main dans les cheveux de Vic en souriant.
IA : - A bientôt.
Sort sous les applaudissements.
P : - Voilà qui nous fournit bien des renseignements en plus sur vous.
V : - Mmmm.
P : - Je ne savais pas que vous connaissiez si bien SS.
V : - Elle m'a proposé de venir sur ce tournage et nous avons fait connaissance.
P : - A propos de SS, j'ai entendu parler d'un projet de film, avec vous à ses côtés...
V : - C'est une rumeur de projet.
P : - Quelle est la nature de votre relation avec SS ?
V: - On s'éloigne de la peinture.
P : - Je crois qu'on a ouvert un chemin plus personnel.
V : - C'est mon amie.
P : - C'est pour ça que vous avez des disputes légendaires, comme sur le tournage de “Devil” ?
V : - Ca fait partie de l'amitié, ça va, ça vient.
P : - Comme vous.
V : - Pardon ?
P : - Vous allez, vous venez, vous voyagez beaucoup : hier vous étiez à Rome, demain vous serez à Londres.
V : - Je ne vois pas trop l'intérêt de cette remarque. Mais oui, je voyage beaucoup, j'ai des amis à voir. J'aime voyager, changer d'endroit... Vous voulez connaître le véritable charme des voyages ? C'est le retour.
Vous vous rapprochez de chez vous, vous comptez les jours, les heures. Vous vous dites : “Plus que deux jours, plus qu'un jour, quelques heures, ça y est, je suis dans ma ville, encore quelques rues, plus qu'une, quelques maisons. Là, chez moi, enfin.” Au fur et à mesure que vous vous rapprochez, vous imaginez ce que vous allez faire : un bon bain chaud, de la musique, un cigare, un verre de vin... Puis ça y est, vous êtes chez vous. Vous entrez, vous poussez du pieds le tas de courrier en retard, vous laissez tomber vos bagages, vous enlevez vos bottes. Vous allez dans la salle de bains ouvrir les robinets de la baignoire, vous versez toutes sortes de produits pour faire de la mousse, vous préparez minutieusement l'indispensable : le cigare, le cendrier, la bouteille, la musique, le verre ... Alors seulement, quand tout est là, vous vous déshabillez, vous enlevez ces vêtements dégueulasses et vous vous glissez dans l'eau chaude. Après, une fois détendue, bien mollement, vous sortez, vous vous enveloppez dans un peignoir très, très doux. Vous recouvrez votre corps d'une crème hydratante qui fait tant de bien à votre peau. Puis vous vous occupez de vos ongles, de vos mains, de vos dents, de vos cheveux. Quand vous avez fini, vous vous dites qu'il vous manque encore une chose et votre petit ami sonne à la porte. Et là, vous êtes vraiment content d'être chez vous.
P : - Waou !! Chouette programme ! Ca se passe toujours comme ça pour vous ?
V : - Non. Moi, c'est plutôt : je suis crevée, j'enlève mes godasses, et le téléphone sonne. C'est un ami qui a des ennuis et je dois remettre mes godasses pour aller l'aider.
P : - C'est pas de chance. Vous voyagez comment ?
V : - Je voyage comme je peux : pour traverser l'Atlantique, je prends l'avion plutôt que le bateau. Sinon, je suppose  que c'est là que vous voulez en venir, je conduis une moto. J'ai un diplôme de mécanique moto. Enfin, ce soir, je prends le train.
P : - Vous allez où ?
V : - Quelque part.
P : - Vous n'aimez pas beaucoup parler de vous.
V : - Non. Il y a des sujets beaucoup plus intéressants.
P : - Comme le cinéma.
V : - Par exemple.
P : - Vous n'avez jamais rêvé d'être actrice ?
V : - Non, être moi-même me suffit.
Le présentateur lève la main.
- D'accord, j'ai compris, j'arrête. Une dernière question avant la fin, s'il vous plait.
V : - Allez-y.
P : - Vous reviendrez nous voir ?
V : - Oui, promis.
Générique de fin.

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