09 août 2010

Interview papier revue de cinéma SS et Vic

Journaliste : - Je vous propose de jouer au jeu des contraires parce que vous êtes ce qu'on peut appeler l'union de deux contraires.
Vic : - Je ne vois pas vraiment ce que ça a à voir avec le film.
J : - Le film est basé sur votre relation, votre opposition constante...
V : - C'est un film.
SS : - On va jouer comme si on était encore nos personnages.
V : - Ok, ok,ok.
J : - Qui veut commencer ?
V : - Moi. C'est facile : elle est blonde, je suis brune.
SS : - Elle est jeune, je suis vieille.
V : - Trés, trés vieille, elle a au moins cinquante ans de plus que moi !
SS : - Vic, joue le jeu.
V : - Pardon, elle est belle, je suis quelconque.
S : - Mais non, tu es belle aussi.
V : - Non, mais vous avez entendu ? Elle aurait pu dire : "Allons, ma chérie, c'est l'inverse, voyons." Et, elle, elle dit : " Tu es belle aussi ."!!
SS éclate de rire.
J : - S'il vous plait, on peut continuer ?
SS : - C'est mon tour. Elle a la bougeotte, je suis plutôt casanière.
V : - Ouais, quand elle se déplace, elle déménage toute sa maison, sa femme de ménage, son chien...
SS : - Et toi, tu prends une brosse à dents, du papier, un crayon et hop, tu disparais, à pieds, en moto, en avion...
V : - Je suis libre ! Mais c'est une fuite en avant. SS, elle, n'abandonne jamais, elle pulvérise les obstacles. Elle va jusqu'au bout. Moi, je fuis au moindre problème.
SS : - Toi, tu es enthousiaste, tu n'es jamais blasée. Moi, je suis en retrait, je pêche par excés de prudence.
V :- C'est ce qui te donne la force de tenir. Tu es solide, expérimentée. Moi, je m'excite comme une étincelle et pfuit, je m'éteins.
SS : - Mais tu restes créative, tu es une artiste !
V : - Toi aussi, tu l'es mais comme tu t'appuies sur l'expérience, sur la technique, ça tient la route.
SS : - Oh, arrête un peu, tu veux ? Vous voyez, c'est toujours pareil avec elle, elle préfère faire pitié qu'envie.
V : - Et toi, tu veux faire envie plutôt que pitié. Tu es une battante.
SS : - Et toi, une flatteuse. Une manipulatrice, une lécheuse de bottes, une hypocrite...
Vic se contente de sourire en regardant SS.
J : - On recommence ? C'était à SS, je crois...
V: - Comme vous voulez...
SS : - J'ai bossé dur pour gagner ce que j'ai, Vic est née avec tout ce qu'elle a.
V : - Pauvre petite femme riche. Tu aimes l'argent pour l'argent, moi je m'en sers.
SS : - Tu ne le gagnes pas à la sueur de ton front. Il n'y a que les gens nés riches qui peuvent se permettre de mépriser l'argent et le pouvoir qu'il donne. Tu t'habilles mal avec des vieux machins par snobisme.
V : - Je n'écrase pas les gens avec mes fringues de haute couture, ma grosse bagnole, ma super baraque... Quelle prétention ! Tu oublies d'où tu viens !
SS : - Sale hypocrite ! Tu gagnes plus que moi avec tes tableaux et ta grand'mère t'entretient, et pourtant tu vis dans une maison pourrie du ghetto.
V : - Hypocrite, moi ! Et toi ? Devant les journalistes, les photographes, t'es toute gentille, tout sourire alors que tu les détestes.
SS : - Tu es trop naïve. Je joue le jeu, c'est tout, ça fait partie du métier.
V : - Métier de pute.
SS : - C'est mon métier et c'est comme ça que je gagne ma vie.
V : - Tu ramènes tout au fric. Comme quand tu m'achètes des cadeaux. On dirait que tu veux m'acheter.
SS : - Bien sûr, si j'étais venue en disant : "Eh, Vic, viens voir, j'ai trouvé une super robe qui t'irait bien", t'aurais accepté ? Et même si tu étais venue, tu aurais refusée que je te l'offre.
V : - Qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne l'as jamais fait, tu achètes la robe et ensuite tu essaies de me persuader de la prendre.
SS : - Tu ne comprends pas que j'ai envie de te faire plaisir en t'offrant des cadeaux.
V : - Alors pourquoi j'ai l'impression que tu TE fais plaisir ? Le problème avec les cadeaux, c'est qu'on les accepte pour faire plaisir à celui qui les offre.
SS : - Qu'est-ce que je dois faire alors ?
V : - Offre-moi du temps avec toi. Comme je te connais, on finira par s'engueuler parce que tu voudras toujours rentabiliser ces moments-là. Tu es incapable de faire quelque chose gratuitement.
SS : - J'ai perdu trop de temps avant de te rencontrer.
V : - Tu ne le rattrapperas jamais, en tout cas pas en m'offrant des cadeaux.
SS : - Ca, j'ai compris.
J : - Hum, excusez-moi,mais comme ça tourne au réglement de compte, on va arrêter.
SS : - Vous ne nous avez jamais vu en train de nous engueuler.
V : - Allons, ça ne vous dérange pas tant que ça, ça fait vendre.
J : - Ce que je voulais, c'était que vous nous montriez ce qui rend votre amitié si spéciale.
SS : - Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas en train de nous entretuer. Nous ne faisons que jouer.
V : - Ouais, on joue.
J : - Vous voulez continuer à jouer ?
V : - Non. Vous savez, on ne vous a pas attendu pour comprendre que nous nous aimons malgré nos différences.
SS : - Vic, calme-toi.
V : - Jeu à la con.
J : - Votre relation fascine tous ceux qui vous ont rencontrées, je voulais en dévoiler une partie.
V : - Cette relation nous l'avons construite, entretenue. Elle n'est pas apparue comme ça, par magie.
SS : - Avec la certitude que ça en valait la peine.
V : - Amen.

Posté par Elbot à 15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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