01 mai 2010

TV italienne

Un peintre dans la ville
Réalisateur : José Giovanni pour TV Italia, chaîne câblée de langue italienne, diffusée à Los Angeles

 

 

1e séquence
Voix off : « Nous sommes à la frontière des quartiers noir, hispanique et à quelques rues du quartier asiatique. Là, entre un garage à motos et un drugstore, ce hangar. En fait, l’atelier de Vic, jeune peintre italo-américaine de 15 ans à peine. »

Image :
Extérieur-jour- plan large sur un hangar

 

Pas de passant

2e séquence
Vic : « Oh, c’est vous. Entrez, bonjour. »

 

Vic : «  Voilà, c’est mon atelier. Vous avez de la chance, c’est propre et rangé. Ca n’arrive qu’une fois de temps en temps. »

Gros plan sur la porte- plan américain
sur
Jeune fille qui ouvre, parle italien

Travelling avant :

La caméra suit Vic à l’intérieur- grande pièce blanche très éclairée- toit transparent-
baie vitrée à gauche


Plan large sur Vic, bras écartés au milieu
de la pièce


Plan panoramique droite à gauche : évier,
plan de travail, coin cuisine, Vic, derrière elle, contre le mur, tables avec pinceaux, tubes,
puis canapé, fauteuil

3e séquence
Voix off : " Issue d’une famille nombreuse, 4 enfants, mais à l’aise, Vic a grandi avec son frère et ses sœurs dans une culture cosmopolite, plus européenne qu’américaine. En famille on parle italien ou plutôt sicilien de New York, où ont vécu les parents. Même la mère de Vic, irlandaise d’origine parle ce dialecte. "

       Voix off : " L’oeuvre de Vic ne suit pas véritablement de progression. Les sujets de ses toiles sont très diverses : abstrait ou réaliste, des natures mortes, des portraits masculins ou féminins… Elle a aussi sculpté du marbre, tatoué des corps humains. Toutes ses œuvres reflètent tous un imaginaire puissamment évocateur, parfois sanglant ou violent, mais toujours juste dans l’émotion. "

Plan rapproché sur la main gauche de
Vic qui peint un nu féminin sur
feuille blanche





Zoom arrière : Vic à son bureau de dos.

                                

Retour plan rapproché sur le dessin, le personnage dessiné apparaît au fur et à
mesure du commentaire off.

                           

Plans de coupe :

quelques œuvres, statues de marbre,
toiles : « 2 roses on table »
( 2 roses jaunes comme jetées sur une table, quelques gouttes d’eau
très réalistes, en trompe-l’œil), abstraites (traînées liquides horizontales, verticales,
bleu, violet, noir.

4e séquence:

- Je n'ai pas de méthode de travail précise. Ca dépend du tableau.

Coupe

Par exemple, si je dois peindre un visage, je découpe le visage géométriquement, je dessine d'abord un quadrillage, je prends des repères : le nez par rapport aux yeux, par rapport aux oreilles... C'est la méthode la plus classique au monde ! Aprés, je fais des esquisses, sur brouillon, au crayon de papier, d'abord de l"ensemble du visage pour avoir une idée générale sans paufiner les détails. C'est pour situer les léléments les uns par rapport aux autres, pour pouvoir les loger à leur place.

- D'ailleurs,

 

j'ai un bloc justement.

 

J'ai fait le portrait d'une petite fille.

 

Vous avez de la chance, je ne l'ai pas encore rangé.

      

Voilà !
      
Là, c'est le quadrillage.

 

Là, les visages complets.

 

Là, c'est la phase suivante, des morceaux de visages, que j'étudie de plus prés, ce sont des éléments qui me donnent du mal, qui distinguent un visage d'un autre, je les dessine jusqu'à ce que je les maitrise parfaitement.

 

Quand je suis au point, que j'arrive à dessiner presque les yeux fermés, je passe à une surface plus grande. Des feuilles taille ordinaire.

Coupe

Je peins à l'encre de chine, ou rouge sang, un truc sommaire pour faire ressortir les contrastes des ombres du visage. J'essaie d'appréhender les reliefs du visage en jouant avec les tâches de peinture.

Aprés, ça dépend, si je suis en forme, je passe directement à la mise en couleur sur papier toujours, la toile c'est pour aprés, bien aprés.

Pour le portrait de cette petite fille, j'ai peint sur papier d'abord, puis je me suis dit que ça suffisait, je n'ai pas fait de toile.

coupe

Pour une toile, je sors le gros matériel.
J'ai un logiciel de dessin, alors parfois, je triche.

Je scanne les eaux fortes, je change les filtres de couleur, je teste la réaction du visage pour trouver la bonne nuance, celle qui va mettre en valeur les reliefs et l'expression générale du visage, de la personne. Voilà.

coupe
Quand j'ai fini de jouer, le véritable affrontement commence. Parce que c'est un véritable combat : moi contre la toile.

Là, le sujet commande : des traits larges, des grands coups de pinceaux ou le nez collé à la toile, des détails microscopiques.

Mais je le répète ça dépend : je peux aussi bien suivre ce processus ou carrément, je me jette à l'eau sans filet, directement sur la toile.

Plan large : lumière du jour
Vic assise sur canapé, fume, répond aux questions.
Décor : petite table avec tasses,
café, fond blanc.

 


      

 


      

 


      

 


      

 


      

 


      

                                  

Elle se lève, se déplace en parlant.

 


Elle cherche sous la table , sort un bloc

 

tourne les pages
Montre les pages au fur et à mesure
qu'elle parle.
Gros plan fixe sur la première page
Deuxième page
troisième page et suivantes : des nez,
oreilles, lèvres, yeux...

 


      
      

 

Plans fixes sur des eaux fortes
Montre du doigt les tâches sur les eaux
fortes



Plan large sur Vic assise dans fauteuil


Plan sur portrait : jeune enfant métisse,
6-7 ans

  

Retour sur Vic  Plan large

 

se lève, se déplace vers le fond de
la pièce, ouvre porte coulissante,
on aperçoit un bureau, PC.
Fait signe de se rapprocher.
différents plans d'un visage, couleurs :
gris, bleu, rose, vert.

Plan large
retour sur Vic, devant PC

                                                              

Gros plan sur visage de Vic, qui se
gratte le menton, se mordille la lèvre
fondu pour la séquence suivante

5e séquence : 

- Peut-on parler dans voter cas d'oeuvre à théme ?

- Comme un peintre qui se limiterait à un seul sujet ?

...

- Non. Je peints par ... période. J'ai eu une période "Nu", trés courte. Je suis trop pudique pour ça !

J'ai eu une période "fleurs", des roses surtout, dans le ciel, sur la table, éparpillées sur le sol..., une période "abstraite"... Mais ce n'est pas prédéterminé. Je ne me dis pas : "Ce mois-ci, je vais faire ça." Je me ballade, je regarde, je repère un truc, un détail qui m'attire, m'étonne, me fait marrer. Alors, je fais des croquis, je reviens dans mon atelier et je gribouille, je mets de la couleur, j'explore le sujet. Je change l'angle de vue, le point de fuite, tout ça. Une sorte de variations sur le même théme.

- Ca, c'est un travail préparatoire à la véritable peinture sur toile.

- Mmm.Oui, oui.

- Mais comment peignez-vous ? C'est-à-dire, quel est votre rendement ? Votre rythme ? Peignez-vous un peu chaque jour ? Ou vous entamez un marathon sur plusieurs jours ?

- Des jours entiers sans m'arrêter ! Je fonctionne par cycles. Pendant trois-quatre jours, je peins, je peins sans arrêt, sans manger, sans boire, ni dormir. Je finis par m'écrouler, je m'endors sans savoir combien de temps. Quand je me réveille, je m'empiffre en regardant ce que j'ai déjà peint. Je corrige, je tripote mes toiles. Je prends une douche et je recommence ! Jusqu'à ce que j'ai fini. Enfin, jusqu'à ce que je considère que j'ai fini, que j'ai fait le tour du sujet, quand j'ai exploré toutes les pistes, je sais quand je ne peux plus rien peindre sans prendre le risque de me répéter. Parfois j'arrête parce que je sens que je suis dans une impasse, que ça ne sert à rien de continuer.

- C'est une de vos plus grandes qualités : savoir vous arrêter. Mais c'est aussi une de vos plus grandes capacités : explorer une voie jusqu'au bout. Et plus rapidement qu'aucun artiste !

- Ouais. Je ne sais pas, je ne pense jamais à ça. Enfin, quand j'ai fini, je sors, je renais au monde réel, jusqu'à la fois suivante.

- Vous n'avez peint que peu de paysages...

- Non. Je suis une peintre d'atelier.

- Et pas du tout de nature morte, parce qu'on ne peut pas dire que vos roses en fassent partie.

- Ah non, quelle horreur ! Rien que le nom est affreux. Je peints du vivant ou de l'abstrait. Les roses sont en vie, ou plutôt en train de mourir puisqu'elles ont été cueillies.

- Dans votre peinture abstraite, on voit beaucoup de toiles qui représentent, qui figurent un liquide qui s'écoule, une fluidité de la matière...

- Oui, oui. L'état liquide de la matière est fascinante, insaisissable mais beaucoup plus réel que l'état gazeux. L'amollissement d'un solide, c'est trés graduel, petit à petit. Ces étapes sont un véritable défi à représenter, à quel moment le solide devient liquide ? Et les gloup gloup de l'eau qui coule....

Voilà .

-  Et quels sont vos projets ? Si vous en avez ...

- Je suis en train de peindre un portrait. Ce n'est pas le premier, j'ai peint ma famille mais là, c'est une personne extérieure à mon cercle familier. On va voir ce que ça donne...

- Bon courage et au revoir.

 

Interview : champ-contre-champ
Vic-journaliste

Vic fume.

signe affirmatif de la journaliste


Vic sourit
      

 


      

 


      

                                         


Vic tire une bouffée avant de répondre

 


      

                                         


Vic se passe la main dans les cheveux,
se gratte le menton.

                        





















                                                                                                                                      

Vic pose sa cigarette, fait une grimace
de dégoût.

                               
                                         

Vic reprend sa cigarette

             







                        

Vic s'agite, écrase sa cigarette







Vic se passe la main dans les cheveux


Générique de fin

Posté par Elbot à 09:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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