21 décembre 2009

JF

J'ai fait ce portrait en toute amitié, par défi, par plai­sir et, tout de même, à la demande du sujet. Elle m'a dit, je devais avoir l'air dubitatif :
- Je vous demande peut-être quelque chose de difficile?
- Pourquoi dites-vous ça?
- Parce que je ne suis pas belle en comparaison des autres femmes que vous avez peintes.
- Je ne suis pas chargée de répertorier toutes les beautés du monde. Et puis je préfère votre plastique à d'autres, plus parfaites mais moins intéressantes. Vous êtes vivante, vous n'êtes pas seulement une incarnation, une représentation."
        Les clichés habituels pour rassurer sans paraître lèche-cul. Elle s'en rendait compte et moi aussi.
Son petit nez m'a procuré énormément de plai­sir, la position de son corps, beaucoup de problèmes: si je l'avais peinte au travail, à son bureau, j'aurais illustré le poncif "pas belle-mais intelligente". Debout, c'était souli­gner sa petite taille. Je ne la voyais pas du tout accroupie ou à genoux. Finalement, en plan américain, cela représente le meilleur compromis.
        Je suis particulièrement fière de son sou­rire ébauché comme un enfant guettant un cadeau. Le regard tendu vers le haut, les yeux brillent, la bouche n'ose ex­primer sa joie. Tout le visage est en attente. On ne voit pas les mains, ou presque, elles s'ouvrent à peine pour recueillir le cadeau. Les montrer ,c'eut été impoli.  
Je ne l'ai pas rendue belle mais je sais qu'elle aime ce portrait. Je me plais à penser qu'il lui a inspiré son jeu dans le film où elle interprète une enfant attardée.

Posté par Elbot à 11:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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